Elle était venue pour soigner les blessés. Elle s'est retrouvée à combattre.
Nusaybah bint Ka'ab — radi Allahu anha — connue sous le nom d'Umm Amarah, est l'une des figures les plus saisissantes de la biographie prophétique. Non pas parce qu'elle cherchait la guerre, mais parce que quand la situation l'a demandé, elle était là — et elle a répondu.
“ Le Prophète ﷺ a dit : 'Je me suis retourné à droite et à gauche lors de la bataille d'Uhud, et je n'ai vu qu'Umm Amarah en train de se battre pour me défendre.' ”
Rapporté par At-Tabarani, Al-Mu'jam Al-Kabir
La bataille d'Uhud est l'une des plus douloureuses de l'histoire islamique. Ce jour-là, une partie des musulmans a rompu la formation, croyant la victoire acquise. Les Quraysh ont contre-attaqué. Le Prophète ﷺ s'est retrouvé isolé, entouré de quelques Compagnons seulement.
Nusaybah était là. Elle avait commencé la journée avec une outre d'eau et des bandages. Elle a fini la journée avec une épée et un arc. Elle a reçu douze blessures ce jour-là — dont une au cou particulièrement grave. Elle n'a pas quitté le Prophète ﷺ.
Quand Ibn Qami'ah a voulu atteindre le Prophète ﷺ, c'est Nusaybah qui l'en a empêché. Elle a frappé son cheval. Elle a reçu le coup qui lui était destiné. Elle a saigné. Elle est restée debout.
“ Le Prophète ﷺ a dit : 'La station de Nusaybah bint Ka'ab est supérieure à celle de tel et tel.' ”
Al-Mustadrak d'Al-Hakim, n°6419
Ce n'est pas la violence que nous célébrons ici. C'est la fidélité. Nusaybah avait fait une chose simple : elle avait décidé que tant que le Prophète ﷺ était en danger, elle ne partirait pas. Et cette décision, prise une fois, a tenu à travers la peur, la douleur et le sang.
Elle a participé à plusieurs batailles après Uhud — Khaïbar, Hunayn, la Guerre contre les faux prophètes. À la bataille de Yamamah, elle a perdu une main. Elle a continué à se battre.
Nusaybah — radi Allahu anha — nous enseigne que la protection de ce qui est sacré demande parfois de se mettre soi-même en avant. Et que la bravoure n'est pas l'absence de peur — c'est la décision de ne pas laisser la peur décider à sa place.