Zaynab travaillait pour donner. Rufaydah soignait comme vocation. Asma portait et servait. Umm Sulaym éduquait et transmet.
Il y a dans les vies des Sahabiyyat une réhabilitation complète du concept de travail en Islam. Le travail n'est pas une nécessité honteuse qu'on accomplit en attendant mieux. C'est une ibadah — un acte d'adoration — quand il est accompli avec sincérité, compétence et intention juste.
“ Le Prophète ﷺ a dit : 'Nul n'a jamais mangé une nourriture meilleure que celle qu'il a gagnée du travail de ses mains. Le Prophète d'Allah Dawud mangeait du travail de ses mains.' ”
Sahih Al-Bukhari, n°2072
Khadijah était femme d'affaires. Asma tannait les peaux et portait les charges. Zaynab bint Jahsh tannait et brodait. Rufaydah soignait professionnellement. La Shifa' bint Abdillah — radi Allahu anha — était chargée par Umar ibn Al-Khattab de l'administration du marché de Médine.
L'administration du marché. Une femme, chargée par le calife de superviser le commerce de la capitale de l'Empire islamique naissant. Ce fait historique, souvent oublié, mérite d'être dit clairement.
“ Et dis : 'Agissez ! Allah verra vos œuvres, ainsi que Son Messager et les croyants.' ”
Sourate At-Tawbah, verset 105
Agissez. Le Coran ne dit pas : attendez. Ne dit pas : laissez les autres. Dit : agissez. Et ce commandement s'adresse aux hommes et aux femmes sans distinction.
Les Sahabiyyat ont compris que la vie islamique n'est pas une vie de retrait. C'est une vie d'engagement — dans la famille, dans la communauté, dans le travail, dans la transmission. Chaque domaine est un champ d'ibadah pour qui agit avec intention.
Le travail comme ibadah. C'est peut-être la leçon la plus actuelle que ces femmes aient à nous transmettre.