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La poétesse de l'Islam
Al-Khansa avait pleuré son frère Sakhr en des vers qui sont encore étudiés aujourd'hui dans les anthologies de poésie arabe classique. Quand elle embrassa l'Islam, elle mit cette même plume au service du Prophète ﷺ et de la foi. Ibn 'Asâkir rapporte dans Târikh Madînat Dimashq que le Prophète ﷺ aimait l'entendre réciter et lui disait de continuer.
Elle était connue pour réciter sa poésie dans les assemblées des Compagnons. Sa présence était reconnue, son talent respecté. L'Islam ne lui demanda pas d'effacer son génie — il lui demanda de le consacrer.
Ses quatre fils à Al-Qâdisiyya
Lors de la bataille d'Al-Qâdisiyya en l'an 15 AH, Al-Khansa avait quatre fils. La veille de la bataille, elle les réunit et leur dit — rapporté par Ibn Kathîr dans Al-Bidâya wa-n-Nihâya (vol. 7) et par Ibn Sa'd : « Mes fils, vous avez embrassé l'Islam de votre plein gré. Vous avez émigré par choix. Par Allah, vous n'avez pas un seul et même père — vous êtes quatre fils de quatre hommes — mais vous avez le même Seigneur. Ne déshonorez pas votre mère. »
Le lendemain, les quatre combattirent. Les quatre furent tués en martyrs. On vint lui annoncer la nouvelle. Elle dit : « Al-hamdulillâh. Ils ont trouvé leur part de shahâda. Et j'espère que mon Seigneur me rassemblera avec eux sous Sa miséricorde. »
Ce que sa vie nous enseigne
Al-Khansa nous enseigne deux choses en apparence contradictoires : pleurer est humain, et se lever après les pleurs est de la foi. Elle avait pleuré son frère Sakhr pendant des années. Elle avait dit les vers les plus beaux sur le deuil. Et quand quatre de ses fils moururent en un seul jour, elle prononça l'hamdulillah.
Ce n'était pas de l'insensibilité. C'était une foi qui avait été travaillée sur des décennies, une compréhension de la mort comme porte et non comme fin, une certitude que les martyrs vivent auprès d'Allah.
Une réflexion pour vous
Quel talent avez-vous que vous n'avez pas encore mis au service d'Allah ? L'écriture, la parole, le chant (halâl), la cuisine, la couture, l'organisation, la pédagogie — tout talent peut devenir un acte d'ibâda. Al-Khansa avait la poésie. Elle en fit une dédicace.
Références
- Ibn Kathîr, Al-Bidâya wa-n-Nihâya, vol. 7 — Al-Khansa et ses fils à Al-Qâdisiyya
- Ibn Sa'd, Al-Tabaqât al-Kubrâ, vol. 8 — biographie d'Al-Khansa
- Ibn 'Asâkir, Târikh Madînat Dimashq — le Prophète ﷺ et la poésie d'Al-Khansa
- Adh-Dhahabî, Siyar A'lâm al-Nubalâ', vol. 3 — biographie d'Al-Khansa
- Ibn Abd al-Barr, Al-Istî'âb fî Ma'rifat al-Ashâb — entrée Al-Khansa
- Ibn Qutayba, Al-Shi'r wa-l-Shu'arâ' — Al-Khansa poétesse de l'Islam
رضي الله عنها — Qu'Allah soit satisfait d'elle.