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La dot la plus précieuse
Abû Talha al-Ansârî — radi Allahu anhu — était l'un des hommes les plus riches et les plus respectés de Médine avant l'Islam. Il demanda Umm Sulaym en mariage. Elle lui dit : « Un homme comme toi, Abû Talha, ne se refuse pas. Mais tu es non-croyant, et moi je suis musulmane. Il ne m'est pas permis de t'épouser. Si tu embrasses l'Islam, ce sera ma dot. »
Il embrassa l'Islam sincèrement. Al-Nasâ'î rapporte (n° 3341) et Ibn Hibbân (n° 4072) que Thâbit al-Bunânî dit : « Je n'ai jamais entendu parler d'une dot plus noble que celle d'Umm Sulaym. »
La nuit de la mort de son fils
Son fils Abû 'Umayr tomba malade et mourut un jour qu'Abû Talha était absent. Umm Sulaym le fit préparer, le couvrit, et dit aux membres de la famille de ne rien dire à Abû Talha jusqu'à ce qu'elle le lui annonce elle-même. Quand il rentra, elle lui prépara un repas, se para pour lui, l'accueillit. Puis, quand il eut mangé et qu'ils eurent été ensemble, elle lui dit doucement : « Abû Talha, que penses-tu de gens à qui on a prêté quelque chose, puis à qui on a redemandé ce prêt ? Doivent-ils le rendre ou le retenir ? » Il dit : « Le rendre, bien sûr. » Elle dit : « Alors résigne-toi pour ton fils. »
Ce hadith est rapporté dans Sahih Al-Boukhâri (n° 1301) et Sahih Muslim (n° 2144). Abû Talha alla voir le Prophète ﷺ le matin et lui raconta ce qui s'était passé. Le Prophète ﷺ dit : « Qu'Allah vous bénisse dans cette nuit. »
Sa bravoure au combat
Umm Sulaym participait aux expéditions militaires. Lors de la bataille de Hunayn, elle portait un poignard. Le Prophète ﷺ la vit et rit. Elle dit : « Si un mushrik s'approche de moi, je lui ouvre le ventre. » Rapporté par Muslim (n° 1809).
Ce que sa vie nous enseigne
Umm Sulaym avait compris que tout ce que nous possédons est un dépôt entre nos mains. Nos biens, nos enfants, nos santés, nos mariages — tout cela nous a été prêté par Allah, et Il peut reprendre Son dépôt quand Il veut.
Cette compréhension ne la rendit pas insensible — elle pleura son fils. Mais elle lui permit d'être présente, de consoler son mari, de continuer à vivre dignement. La sabr ne signifie pas ne pas souffrir. Il signifie ne pas se laisser détruire par la souffrance.
Questions de réflexion
Que portez-vous comme prêt d'Allah en ce moment ? Et comment vous comporteriez-vous si Allah le reprenait demain ? La réponse d'Umm Sulaym n'était pas spontanée — c'était le fruit d'une foi travaillée, nourrie, entretenue.
Références
- Sahih Al-Boukhâri, n° 1301 — mort du fils d'Umm Sulaym et sa sabr
- Sahih Muslim, n° 2144 — même récit avec bénédiction du Prophète ﷺ
- Sahih Muslim, n° 1809 — Umm Sulaym et son poignard à Hunayn
- Al-Nasâ'î, n° 3341 — dot de l'Islam d'Umm Sulaym
- Adh-Dhahabî, Siyar A'lâm al-Nubalâ', vol. 2, p. 303–309 — biographie d'Umm Sulaym
- Ibn Sa'd, Al-Tabaqât al-Kubrâ, vol. 8 — biographie d'Umm Sulaym bint Milhân
رضي الله عنها — Qu'Allah soit satisfait d'elle.