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Le mariage qui libéra une tribu
Aïsha — radi Allahu anha — dit dans un hadith rapporté par Abû Dâwûd (n° 3931, classé sahih par Al-Albânî) et Ibn Hishâm dans Al-Sîra Al-Nabawiyya : « Je ne connais pas de femme qui ait apporté plus de bénédiction à son peuple que Juwayriyya. » Quand les Compagnons apprirent le mariage, ils libérèrent immédiatement tous les captifs de Banu Mustaliq par respect pour le lien avec le Prophète ﷺ. Des centaines de personnes retrouvèrent leur liberté en une journée.
Sa dévotion après le mariage
Juwayriyya était connue pour ses longues sessions de dhikr. Un matin, le Prophète ﷺ la laissa en prière. Il revint en milieu de matinée et la trouva encore à sa place. Il lui dit : « Tu es encore dans la même position depuis que je suis parti ? » Elle dit oui. Il lui dit : « Je t'ai dit après ma prière de l'aube quatre paroles trois fois, et si on les pesait avec ce que tu as dit depuis ce matin, elles seraient plus lourdes : SubhânAllâhi wa bihamdihi, 'adada khalqihi, wa ridâ nafsihi, wa zinata 'arshihi, wa midâda kalimâtihi. »
Ce hadith, rapporté dans Sahih Muslim (n° 2726), est l'un des dhikrs les plus puissants de la Sounna. Et il nous est parvenu grâce à Juwayriyya.
Sa noblesse d'origine et sa conversion
Elle était fille de al-Harith ibn Abî Dirâr, chef des Banu Mustaliq. Sa capture lors de la bataille de MuraySî' (ou Banu Mustaliq) en l'an 5 ou 6 AH aurait pu être vécue comme une humiliation définitive. Elle en fit une élévation. Elle embrassa l'Islam avec sincérité, transmit des hadiths authentiques, et mourut en l'an 56 AH selon les versions les plus fiables, rapportées par Ibn Sa'd dans Al-Tabaqât al-Kubrâ (vol. 8).
Ce que sa vie nous enseigne
Juwayriyya nous enseigne que la dignité ne dépend pas des circonstances. Elle était captive — et elle s'est présentée au Prophète ﷺ avec la tête haute. Elle venait demander quelque chose — et elle a parlé clairement, sans ramper.
Et le dhikr qu'elle nous a transmis est une leçon en soi : ce n'est pas la quantité des mots qui compte, mais leur poids. Quelques paroles prononcées avec conscience valent plus que des heures d'un dhikr distrait.
Applications pour la femme musulmane aujourd'hui
Pratiquez le dhikr de Juwayriyya chaque matin après la prière de Fajr : SubhânAllâhi wa bihamdihi, 'adada khalqihi, wa ridâ nafsihi, wa zinata 'arshihi, wa midâda kalimâtihi — trois fois. C'est un dhikr court, mais d'un poids immense selon le Prophète ﷺ lui-même.
Questions de réflexion
Dans vos épreuves, gardez-vous votre dignité ? Ou laissez-vous les circonstances définir votre valeur ? Juwayriyya vous dit : votre rang devant Allah ne dépend pas de ce qui vous est arrivé, mais de ce que vous faites avec ce qui vous est arrivé.
Références
- Sahih Muslim, n° 2726 — le dhikr que le Prophète ﷺ apprit à Juwayriyya
- Abû Dâwûd, n° 3931 — parole d'Aïsha sur Juwayriyya (classé sahih par Al-Albânî)
- Ibn Hishâm, Al-Sîra Al-Nabawiyya, vol. 2 — bataille de Banu Mustaliq et Juwayriyya
- Adh-Dhahabî, Siyar A'lâm al-Nubalâ', vol. 2, p. 259–262 — biographie de Juwayriyya
- Ibn Sa'd, Al-Tabaqât al-Kubrâ, vol. 8 — biographie de Juwayriyya bint al-Harith
- Ibn Kathîr, Al-Bidâya wa-n-Nihâya, vol. 4 — mariage du Prophète ﷺ avec Juwayriyya
رضي الله عنها — Qu'Allah soit satisfait d'elle.