Il se levait pour elle. Le Prophète ﷺ se levait quand sa fille entrait dans la pièce. Il allait à sa rencontre. Il la prenait par la main. Il l'installait à la place où il était assis lui-même.
Ce geste n'était pas une coutume arabe. Il n'était pas non plus un hasard. C'était une déclaration publique de ce qu'elle représentait à ses yeux.
“ Fatimah est une partie de moi. Quiconque l'a mise en colère m'a mis en colère. ”
Sahih Al-Bukhari, n°3714
Fatimah — radi Allahu anha — est Az-Zahra, la brillante, la radieuse. Elle portait ce surnom non pas seulement pour sa ressemblance physique frappante avec son père — bien que les sources la décrivent ainsi — mais pour la lumière intérieure qui émanait d'elle et que ceux qui la côtoyaient percevaient.
Elle a grandi dans la maison de la Révélation, dans les années les plus difficiles de l'Islam naissant. Enfant, elle a vu son père persécuté dans les rues de La Mecque. Elle a nettoyé de sa tête les entrailles que les ennemis lui jetaient pendant la prière. Elle pleurait. Et son père lui disait : ne pleure pas, ma fille. Allah protège ton père.
Cette petite fille qui consolait son père tout en étant elle-même consolée — cette image, les livres de sirah la gardent avec soin.
“ Fatimah est la maîtresse des femmes de ce monde. ”
Sahih Al-Bukhari, n°3624
Maîtresse des femmes. Ce titre a été prononcé par le Prophète ﷺ lui-même. Il n'est pas symbolique — il est descriptif. Fatimah représente ce que la féminité islamique peut atteindre à son sommet : la piété profonde, la noblesse de caractère, la douceur dans la force.
Sa vie quotidienne était simple, presque austère. Elle moulait le grain jusqu'à ce que ses mains portent des marques. Elle portait l'eau jusqu'à ce que sa peau soit durcie. Un jour, elle est allée trouver son père pour lui demander une servante. Il lui a appris à la place le tasbih qui porte son nom — subhanallah 33 fois, alhamdulillah 33 fois, Allahu Akbar 34 fois — en lui disant : cela est meilleur pour toi qu'une servante.
Elle a accepté sans résistance. Et ce dhikr, transmis à travers elle, est récité par des millions de musulmans chaque soir avant de dormir, quatorze siècles plus tard.
Fatimah est morte six mois après son père. Les savants s'accordent à dire qu'elle est morte de chagrin — elle ne pouvait pas concevoir sa vie sans lui. Mais avant de mourir, sa servante Asma l'a vue sourire. Elle lui a demandé pourquoi. Fatimah a dit : le Prophète m'a appris une chose en secret, et cette chose me fait sourire.
Ce secret, nous le connaissons aujourd'hui : il lui avait dit qu'elle serait la première de sa famille à le rejoindre. Et six mois plus tard, cette promesse s'est accomplie.