Elle a demandé au Prophète ﷺ la permission d'installer une tente à l'extérieur de la mosquée pour soigner les blessés des batailles. Il lui a accordé cette permission. Et elle a créé quelque chose qui n'existait pas encore : un lieu de soins organisé au service des combattants.
Rufaydah al-Aslamiyyah — radi Allahu anha — est considérée par les historiens de la médecine islamique comme la première infirmière professionnelle de l'Islam. Mais ce terme moderne ne rend pas justice à l'ampleur de ce qu'elle a fait.
“ Le Prophète ﷺ a dit, après la bataille de la Tranchée, que Sa'd ibn Mu'adh soit soigné dans la tente de Rufaydah jusqu'à ce qu'il vienne lui rendre visite. ”
Sahih Al-Bukhari, n°4122
Sa'd ibn Mu'adh était l'un des Compagnons les plus importants. Le Prophète ﷺ l'a confié personnellement aux soins de Rufaydah. C'est une reconnaissance publique de sa compétence, de sa fiabilité, et de la confiance que le Prophète ﷺ lui accordait.
Rufaydah ne s'est pas contentée de soigner les blessures physiques. Les sources indiquent qu'elle s'occupait aussi des plus vulnérables de la communauté — les orphelins, les pauvres, les malades chroniques. Elle avait une vision du soin qui dépassait l'urgence médicale.
Elle formait d'autres femmes. Elle transmettait ses connaissances. Elle construisait une capacité collective, pas seulement une expertise individuelle.
“ Et Nous avons envoyé Noé et Abraham, et Nous avons placé dans leur descendance la prophétie et le Livre... ”
Sourate Al-Hadid, verset 26
La transmission est une forme de prophétie en miniature. Rufaydah avait reçu un savoir. Elle le transmettait. Et dans cette transmission, elle multipliait son impact au-delà de sa propre vie.
Rufaydah — radi Allahu anha — nous enseigne que le service des autres n'est pas une vocation secondaire en Islam. C'est une ibadah à part entière. Et que la femme qui construit une compétence au service de sa communauté construit quelque chose qui dure bien après elle.