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“Non. Par Allah, Il ne t'humiliera jamais. Tu maintiens les liens de parenté, tu portes les fardeaux des autres, tu donnes à ceux qui n'ont rien, tu honores tes hôtes, et tu viens en aide à ceux que le destin a frappés.”
Sahîh Al-Boukhâri, n° 3 — Sahîh Muslim, n° 160
Cinq vertus. Cinq preuves. Elle n'a pas dit « ne t'inquiète pas » comme on console un enfant. Elle a fait un portrait. Elle a regardé l'homme qu'elle avait épousé quinze ans plus tôt, et elle lui a dit : voilà qui tu es, et Allah ne délaisse pas quelqu'un comme toi.
C'est peut-être la plus grande déclaration d'amour de toute la Sîra.
La première croyante de cette Oumma
Elle fut la première personne à embrasser l'Islam. Avant Abû Bakr. Avant Alî. Avant tous les hommes qui allaient porter cette religion jusqu'aux confins de la terre. Une femme de quarante ans, veuve, mère — elle fut la première.
Les savants s'accordent unanimement sur ce point. Ibn Kathîr écrit dans Al-Bidâya wa-n-Nihâya (vol. 3) qu'elle fut la première à croire, sans doute ni hésitation. Adh-Dhahabî, dans Siyar A'lâm al-Nubalâ (vol. 2, p. 109), confirme : elle fut la première de la communauté muhammadienne à entrer en Islam.
Pendant les premières années de la révélation — les années les plus dures, les plus solitaires — quand le Prophète ﷺ revenait brisé, incompris, rejeté par les siens, il trouvait Khadijah. Et Khadijah suffisait.
Le salam d'Allah
Ce qui distingue Khadijah parmi toutes les femmes de l'Islam est un honneur que le Coran et la Sounna n'ont accordé à personne d'autre de son rang : Allah Lui-même lui a envoyé Son salam.
Abû Hurayra — radi Allahu anhu — rapporte que Jibrîl vint dire au Prophète ﷺ : « Khadijah vient vers toi avec un plat. Quand elle arrivera, transmets-lui le salam de son Seigneur et le mien, et annonce-lui une maison au Paradis en perles creuses, sans bruit ni fatigue. »
(Sahîh Al-Boukhâri, n° 3820 — Sahîh Muslim, n° 2432)
Une maison au Paradis. En perles creuses. Sans bruit ni fatigue. Allah a décrit Sa récompense pour elle, avant même qu'elle ne soit morte, par la bouche de l'ange et du Prophète ﷺ.
Le soutien de ses biens
Elle consacra sa fortune entière à la da'wa naissante. Quand le commerce se ferma, quand les familles Qurayshites boycottèrent les Musulmans pendant trois ans, c'est sur les réserves de Khadijah que la jeune communauté survécut. Elle avait mis sa richesse au service de la Vérité bien avant que cette Vérité soit reconnue.
Sahîh Muslim (n° 2423) rapporte que le Prophète ﷺ dit : « Elle me crut quand les gens me traitaient de menteur. Elle me soutint de ses biens quand les gens me privèrent des leurs. Et Allah m'accorda des enfants d'elle, alors qu'Il m'en priva des autres. »
Trois choses. La foi. Les biens. La descendance. Elle fut tout cela à la fois.
Ce que sa vie nous enseigne
On parle souvent de Khadijah comme d'une exception — riche, noble, libre. Comme si sa grandeur venait de ses conditions de vie.
Mais la leçon est ailleurs. Elle avait cultivé, bien avant l'Islam, les vertus qu'Allah aime. Généreuse avant la révélation. Juste dans ses affaires avant la révélation. Sage dans ses choix avant la révélation. L'Islam n'a pas transformé Khadijah — l'Islam a confirmé ce qu'elle était déjà.
Ce que nous sommes dans l'ordinaire est ce que nous serons dans l'extraordinaire. Ce que nous cultivons aujourd'hui, dans nos maisons, dans nos affaires, dans nos relations — c'est ce qui parlera pour nous demain.
Elle est morte trois ans avant la Hijra. Elle n'a pas connu Médine, ni les victoires, ni l'expansion de l'Islam. Elle a seulement donné ce qu'elle avait, au moment où cela comptait le plus.
Et cela lui a suffi pour que Jibrîl porte son nom au Prophète ﷺ, siècle après siècle, dans les hadith que nous lisons encore.
ﷺ — رضي الله عنها — Qu'Allah soit satisfait d'elle.
Références
- Sahîh Al-Boukhâri, Hadîth n° 3 (révélation), n° 3820 (salam de Jibrîl)
- Sahîh Muslim, Hadîth n° 160 (la nuit de Hirâ'), n° 2423 (éloge), n° 2432 (salam)
- Ibn Hishâm, Al-Sîra al-Nabawiyya, Dâr Ibn Hazm, vol. 1
- Ibn Kathîr, Al-Bidâya wa-n-Nihâya, vol. 3 (biographie de Khadijah)
- Adh-Dhahabî, Siyar A'lâm al-Nubalâ, vol. 2, p. 109–116